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L'affiche donne judicieusement le ton. D'un côté, le bleu pastel rappelle le titre du film mais invoque également la légèreté affichée des récentes oeuvres du cinéaste New-Yorkais qui, avouons le, ont bien trop souvent flirté avec le médiocre ( la palme revenant à l'indigeste To Rome With Love ). De l'autre côté du cadre, le visage tendu de Cate Blanchett, ses yeux embués de larmes, créent une rupture et tendent à pervertir ce que le synopsis appelle de lieux communs, à savoir les tribulations d'une riche desperate housewife tout juste célibataire voulant, le temps d'une escapade chez sa demi-soeur, remettre de l'ordre dans sa vie.

 

En ce sens, le film tient les promesses de l'affiche. Blue Jasmine est le meilleur Woody Allen depuis longtemps, le réalisateur faisant fi de sa récente manie pour un cinéma carte postale du plus mauvais goût pour enfin, filmer un vrai sujet, bien aidé par une Cate Blanchett étourdissante.

D'un autre côté, en abandonnant peu à peu la comédie satirique pour lorgner crescendo vers la tragédie la plus abrupte, Allen prend le risque de créer un moment de flottement, laissant le spectateur nager entre deux eaux. On regrette alors un temps que les répliques manquent de mordant, de percussion, comme ce fut si souvent le cas dans les grandes heures du cinéaste, puis que la part dramatique de l'oeuvre semble tout d'abord apaisée, muselée jusqu'à un dénouement d'une noirceur inouïe où tout le désespoir dont est capable Woody Allen semble se cristalliser.

 

Si Blue Jasmine reste malgré tout un film mineur dans la fructueuse filmographie du cinéaste, il est bon de retrouver, le temps d'un film, la douce mélancolie d'un cinéaste qui n'a pas son pareil pour décrire le désenchantement et la névrose.

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