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Depuis Saw ( 2004 ), parent malgré lui de le peu fréquentable vague du "torture porn", James Wan se forge une filmographie empreinte du sceau du genre : Le Giallo avec Dead Silence ( 2007 ), le vigilante movie avec Death sentence ( 2007 ), et depuis peu, le film d'horreur tendance maison hantée et possession avec Insidious ( 2010 ) dont il est actuellement en train de boucler la suite.

Inspiré d'une histoire vécue par Ed et Lorraine Warren, deux chasseurs de fantômes réputés des années 1970, Conjuring s'inscrit, tout comme Insidious, dans la grande tradition du film de maison hanté allant du fantastique La maison du diable de Robert Wise ( 1963 ) au génial Poltergeist du duo Hooper/Spielberg ( 1982 ) en passant par le surestimé Amityville ( Stuart Rosenberg - 1979 ). 

 

En installant crescendo une tension permanente et en balançant des jump-scares comme à la parade faits de porte qui claquent, d'apparitions spectrales et de cordes grinçantes jouées fortissimo, James Wan renoue avec le classicisme et la sobriété de ces oeuvres qui, jadis, traitaient le genre avec une absence totale de cynisme. Une époque qui semble bien lointaine quand on mesure l'horripilante condescendance avec laquelle nombre de ces films sont désormais réalisés puis jugés par la critique.

Et même si le film souffre d'un réel manque d'originalité et verse dans le final dans une bondieuserie qui déplaira à certains ( n'est pas Friedkin qui veut ), rare sont les péloches horrifiques à la fois si soignées visuellement et d'une implacable efficacité, conçues entièrement pour le plaisir ( coupable, bien évidemment ) du spectateur.

 

Enorme carton surprise aux Etats-Unis, Conjuring est la preuve vivante pour qui en doute encore que le genre horrifique peut faire rimer succès et qualité, surtout lorsqu'un honnête et talentueux artisan se trouve aux manettes.

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