Les Huit Salopards : Les références

Comme pour Django Unchained, nous avons décidé, une nouvelle fois, de rentrer dans l'univers ultra-référencé de Quentin Tarantino. L'exercice, toujours ludique, de l'énumération des multiples citations au septième art peut paraitre vain, mais en plus de ressusciter une cinéphilie dite de "seconde zone", il permet d'en savoir un peu sur les intentions du réalisateur.

 Les Huit Salopards marque par ailleurs un tournant de ce point de vue là, tant il semble autocentré sur l'œuvre du cinéaste, contenant en substance toute les différentes couleurs de ses précédents métrages, mais très peu de citations externes.

L'influence :

Tarantino lui même à révélé en interview avoir été influencé par des séries western des années 1960 : BonanzaLe Grand ChaparralThe Virginian qui, selon le réalisateur, contiennent toutes un ou plusieurs épisodes mettant en scène prise d'otages en huis clos dans les contrées sauvages de l'Ouest Américain.

Kurt Russell, Ennio Morricone, le blizzard, une paranoïa ambiante....difficile de ne pas voir en Les Huit Salopards une relecture du formidable The Thing de John Carpenter, avec lequel il partage la même propension à disserter sur le mal ( ici, les personnages sont TOUS des salopards omnibulés par un individualisme forcené qui les mènera à leur perte ) , thème qui obsèdera Carpenter toute sa carrière. La structure en deux huis clos rappelle évidemment Reservoir Dogs, premier long métrage de Quentin Tarantino. Ce que ce dernier confesse volontiers dans Première. Pour lui, à ce titre Reservoir Dogs était déjà son remake bien personnel de The Thing.

Si elles ne sont pas des influences directes, tout western enneigé nous évoque forcément Le Grand Silence de Sergio Corbucci, ou encore La chevauchée des Bannis d'André de Toth. 

La traitement stylistique de la mercerie de Minnie nous rappelle celui de Sam Raimi pour Evil Dead : un lieu unique et inquiétant d'où l'horreur peut surgir à n'importe quel moment.

L'intrigue en elle même évoque les romans d'Agatha Christie ainsi que l'œuvre d'Alfred Hitchcock, dans un style, bien évidemment, tout personnel.

Le titre :

Le titre du film évoque forcément Les Sept Mercenaires de John Sturges, ou Les Douze Salopards de Robert Aldrich. C'est aussi une référence à la carrière du réalisateur, Les Huit Salopards étant son huitième film. Fellini en avait fait de même pour Huit et demi.

Les musiques :

Tarantino a eu recours à certaines pistes non utilisées provenant de The Thing ( John Carpenter ) et L'exorciste : L'hérétique ( John Boorman ), deux bandes originales déjà composées par Ennio Morricone.

Nous pouvons aussi entendre le morceau Now you're all alone de David Hess, présent dans le film La dernière maison sur la gauche de Wes Craven.

Un morceau de Roy Orbinson, "There won't be many coming home", est tiré du film The Fastest guitar alive qui se déroule pendant la guerre de Secession.

Les personnages : 

Les personnages fument des Red Apple, marque fictive de cigarettes inventé par Tarantino et citée dans Pulp Fiction, Kill Bill, Boulevard de la mort, Four Rooms ou bien Planet terror

Tarantino a souvent révélé des liens de parenté entre personnages de films différents. Ici, Oswaldo Mobray alias ‘English’ Pete Hicox serait l'arrière arrière grand père d'Archie Hicox, incarné par Michael Fassbender dans le film Inglorious Basterds

Dans Django Unchained, un personnage se somme également O.B. et est interprété par l'acteur J.D Evermore

Dans le film Cent dollars pour un shérif réalisé par Henry Hattaway en 1969, on trouve également un personnage s'intitulant "Bob le Mexicain"

Charles Marquis Warren, nom du personnage interprété par Samuel L.Jackson, est aussi le nom d'un réalisateur de western et notamment de certains épisodes de la série Rawhide

Chris Mannix alias le shérif, en se revêtant d'un poncho, rétorque en s'amusant "Navajo !" Une allusion au film Navajo Joe de Sergio Corbucci.

Le personnage campé par Michael Madsen déclare " a bastard's work is never done". C'est une des tagline de l'affiche d'Inglorious Basterds

Lorsque Jody, interprété par Channing Tatum, tire sur Warren, il dit en Espagnol : "Say Adios to your huevos" ( dis adieu à tes testicules ). Hugo Stiglitz, dans Inglorious Basterds, dit une phrase similaire en mixant Allemand et Anglais lorsqu'il braque les parties génitales du major Dieter Hellstrom. Dans Django Unchained, Billy Crash ( Walton Goggins ) dit à Django " Aller, dis bonne nuit à tes boules, bamboula".

Divers :

Durant le générique de fin, nous pouvons noter un choix hiérarchique singulier dans les mentions techniques. Juste après "Réalisé par Quentin Tarantino" apparait "Maquillage spéciaux de Greg Nicotero et Howard Berger", ce qui place les truqueurs quasiment au même niveau que l'auteur, cette place étant normalement occupée bien souvent par le scénariste ou le producteur. Pour la petite histoire, Nicotero avait accepté de réaliser gratuitement les trucages de Reservoir Dogs en échange de l'écriture d'une nuit en enfer. Nicotero a par ailleurs travaillé sur tous les films de Tarantino. Une façon de rendre la pareille mais aussi de prendre position quand à la numérisation massive des effets spéciaux. 

 

Le long monologue de Charles Marquis Warren ( Samuel L Jackson ) sur le sort réservé au fils de Sandy Smithers ( alias le confédéré ) est caractéristique du style de Tarantino. Les mots fusent plus vite que les balles. Nous pensons bien évidemment au long monologue entre Dennis Hopper et Christopher Walken dans True Romance de Tony Scott, écrit par QT. Certains dialogues de Tarantino théorisent sur la culture populaire en restant inoffensif, mais dans d'autres cas, les mots sont de véritables armes qui permettent aux personnages de sortir vainqueurs d'une situation ( La longue scène d'introduction d'Inglorious Basterds en est un autre exemple )

Sources : Première n466/467 ; Trivia ; Mad Movies n292 et....moi !

Liste non exhaustive.

 

 

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