Top Ten :

 

Spielberg, avec sa soif insatiable de cinéma à faire pâlir ses comparses du Nouvel Hollywood déjà quasiment tous en semi-retraite, domine ce top 10 des sorties cinématographiques avec son Cheval de Guerre, ode au cinéma lyrique dans la lignée de Ford ou de Lean. D'aucuns lui ont reproché son sentimentalisme parfois exacerbé, mais son approche "mécanique" et virtuose à mille lieu d'un cinéma boursouflé et gangrené par le numérique est, à vrai dire, salvatrice. Une remarque aussi valable pour le sublime Royal Affair du Danois Nikolaj Arcel, petit bijou de "film en costumes" sous fond de drame historique, captivant. Le talonnant de près, Argo, de Ben Affleck, qui dans la pure lignée des thriller politiques des années 1970 ( Les Hommes du président  ou A cause d'un assassinat de Pakula ) propose un film extrêmement documenté, sobre et diablement efficace.

 

 

1) Cheval de guerre - Steven Spielberg

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2) Royal Affair - Nikolaj Arcel

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3) Argo - Ben Affleck

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4) Moonrise Kingdom - Wes Anderson

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5) Killer Joe - William Friedkin

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6) Holy Motors - Leos Carax

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7) Oslo, 31 août - Joachim Trier

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8) Tyrannosaur - Paddy Considine

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9) Bellflower - Evan Glodell

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10) La cabane au fond des bois - Drew Goddard

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Quid de 2012 ?

 

La ou certains cinéastes de renommée ont déçus ( c'est le cas de Clint Eastwood avec J.Edgar, Tim Burton avec Dark Shadows, Cronenberg avec Cosmopolis ou encore Resnais avec Vous n'avez encore rien vu ), d'autres ont affichés une belle santé à l'instar de Francis Ford Coppola qui a su créer une oeuvre à la fois personnelle et singulière avec Twixt, ou encore de Sam Mendes, qui a su insuffler sa patte dans une saga aussi difficile à appréhender que celle de l'agent 007. Son Skyfall est une réussite ( voir critique ). Jacques Audiard, avec De Rouille et d'os, son sixième film, a quant à lui prouvé qu'il régnait en maître sur le paysage cinématographique Français.

Pour le reste des grands noms, Woody Allen a confirmé une santé artistique sur le déclin avec son inconséquent To Rome with love, énième variation stérile de ses éternels thèmes de prédilection. Ken Loach a de son côté proposé une honorable comédie sous fond ( une fois n'est pas coutume ) de misère sociale avec La part des anges, mais très loin du message politique dont il fut coutumier, le but étant surtout, ici, de divertir.

Hanneke, palme d'or avec Amour, manifeste faussement humaniste ( l'inverse aurait étonné de la part du cinéaste Autrichien ) abordant la nature du sentiment amoureux chez un couple d'octogénaires, m'a personnellement, profondément déçu, tant l'entreprise calculatrice du réalisateur Autrichien pour articuler son film autour d'une scène "choc" devient vaine.

Fincher, avec sa relecture de Millenium, a offert un thriller efficace et glacial, bien que dépourvu, au fond, de grandes idées de mise en scène, tandis qu'Oliver Stone, avec sa clinquante et manichéenne love story sous fond de narcotrafic du nom de Savages ( voir critique ), a fait ce qu'on attendait de lui, ou presque.

On peut également noter la déception Young Adult, pourtant portée par une excellente Charlize Theron, qui ne sauve pas le cynisme calculateur et condescendant de l'entreprise menée par le réalisateur Jason Reitman ( In The Air, Thank you for smoking, Juno, et accessoirement fils d'Ivan "SOS Fantômes" Reitman ) et la scénariste Diablo Cody ( Juno, Jennifer's body, et planchant actuellement, accrochez-vous bien, au scénario du remake d'Evil Dead...)

On lui préferera d'ailleurs, toujours dans la veine indépendante, The Descendants d'Alexander Payne, comédie dépressive touchante dans laquelle George Clooney trouve enfin un rôle loin des postures d'icône glamour et sexy dont on le réclame habituellement.

Xavier Dolan continue d'apprendre le métier ( déjà trois films au compteur a seulement 23 ans ), et dieu que le bougre apprend vite ! . Si Laurence Anyways contient encore les germes d'un cinéma MTV se complaisant parfois dans la citation, ce que lui ont souvent reproché, à juste titre, ses détracteurs, il fait preuve d'un talent de directeur d'acteur bluffant pour son âge. Cette fresque sentimentale intime et réussie pêche par certaines longueurs mais laisse présager d'excellentes choses pour le jeune prodige Canadien.

Take Shelter, de Jeff Nichols ( réalisateur du très bon Shotgun Stories ), porté par un Michael Shannon en proie à des visions apocalyptiques mérite aussi largement qu'on s'y attarde. De même pour Martha Marcy May Marlene, de Sean Durkin, belle surprise dans un cinéma indépendant Américain devenue labellisé et révélation d'Elizabeth Olsen ( oui oui, la petite soeur des jumelles Olsen...)

On recommandera chaudement Des Hommes sans loi, de John Hillcoat ( La Route, The Proposition ) dont vous pouvez trouver la critique ici. Tout comme Margin call de J.C Chandor, qui renvoie Wall Street 2 à son statut mérité de pâle et indigeste suite, tant il parvient à rendre captivant des enjeux à priori complexes et rébarbatifs.

Parmi les autres sorties largement délectables, notons Le territoire des loups, de Joe Carnahan, qui aurait largement pu trouver sa place dans ce top ten éclectique mais indécis, tant il prend à court le spectateur en tordant le coup aux clichés du film d'action dit "survival" pour offrir une belle réflexion sur la vie et la mort.


 

Dans l'antre des Super-héros :

 

Dark Knight rises, dernier volet de la trilogie entamée par Christopher Nolan il y a maintenant huit ans avec Batman Begins, a déçu. Il faut dire que Nolan avait mis la barre très haut avec le précédent volet, mais cela n'excuse pas le fait que ce Dark Knight soit le prototype même du blockbuster auto-conscient de sa toute puissance vrombrissante. La disparition du Joker y est pour beaucoup, tant il incarnait une dimension farcesque et par la même une distanciation bienvenue dans l'univers de la chauve-souris. Tout ce qu'il en reste, c'est un film nombriliste et trop, beaucoup trop sérieux.

La bonne surprise venait, elle, d'Avengers  : un film ludique et divertissant, se payant le luxe de respecter la mythologie propre à chaque héros et les mettant d'ailleurs en scène dans des combats chorégraphiés de main de maitre par Joss Whedon ( l'hallucinante bataille finale )

Chronicle, de Josh Trank, a réussi une hybridation réussie entre teen movie et film de super héros. Si le film se laisse gagner par un excès de gourmandise, notamment dans un final lorgnant vers Dragon ball z et même s'il est assez inégal dans l'utilisation des SFX ( allant du très bon au passable ), ce premier film est une bonne petite surprise.

Quant au préquel de Spiderman, Amazing Spiderman, on se demande en quoi il est légitime, tant la version de Sam Raimi reste, aujourd'hui encore, un exemple. Faire du neuf avec du vieux semble être devenue la devise de l'industrie. Mais à l'image du film, la rentabilité se fait toujours au détriment de la qualité. Un épisode oubliable.

 

 

Mauvais genre :

 

Les Français Pascal Laugier, avec The Secret, première incursion réussie du réalisateur de Martyrs à Hollywood, Alexandre Courtès, avec The Incident ( excellente surprise  DTV ) ont séduit, tout comme, dans une moindre mesure, le suisse Tim Fehlbaum, avec Hell, sympathique film post-apocalyptique parcouru de bonnes et belles idées, sortie en DTV.

La Dame en noir de James Watkins, produit par la Hammer, est une hybridation classique mais réussie entre les dernières productions hispaniques et le style gothique légendaire de la firme.

The Woman, de Lucky Mckee ( l'excellent May ), tout comme Red State, de Kevin Smith ( le cultissime Clerks ) font partie des meilleurs DTV de l'année, deux claques transgressives et brutales comme on en voit peu.

Kill List, mélange improbable et déroutant de genre a permi de révéler un auteur Britanique au style singulier sur qui il faut désormais compter ( Ben Wheatley, réalisateur du récent Touristes )

God Bless America ( Bobcat Goldthwait ), satire corrosive et subversive que certains ont jugés réac et faussement nihiliste tant il se confond soi-disant avec ce qu'il prétend dénoncer ( le portrait au vitriol d'une Amérique régressive et pervertie ). A vous d'en juger...il n'empêche qu'au delà du brûlot provocateur existe un film conscient du malaise civisationnel et jouissant d'une liberté de ton surprenante.

Insensibles, de Juan Carlos Medina, qui aborde les fantômes d'une Espagne franquiste par le biais d'une trame fantastique jonglant entre deux époques est un premier film réussi et injustement passé inaperçu en France.

 

 

Action

The Raid, série B burnée et jouissive du réalisateur Gallois Gareth Evans impose un rythme frénétique aux combats parfaitement chorégraphiés.

Contrebande, de Baltasar Kormakur, relecture Hollywoodienne d'un film Islandais, avec Mark Walhberg et Kate Beckinsale, est un petit polar old school sans prétentions, passé inaperçu mais tout de même divertissant.

Enfin, citons Le territoire des loups, de Joe Carnahan, qui aurait largement pu trouver sa place dans ce top ten éclectique mais indécis. tant il prend à court le spectateur en tordant le coup aux clichés du film d'action dit "survival" pour offrir une belle réflexion sur la vie et la mort.

 

Science-Fiction :

 

Eva, de Kike Maillo, variation intime et minimaliste autour des thèmes déjà abordés dans A.I  (Spielberg/Kubrick ) ou dans l'oeuvre d'Isaac Asimov ; Looper, qui confirme les espoirs plaçés en Rian Johnson ( Brick ) mais qui peine à être plus qu'une ( excellente ) série B tant il dilue la puissance de ses enjeux initiaux en s'égarant dans d'évitables digressions scénaristiques.

Enfin la belle surprise de cette catégorie vient du film Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare, de Lorene Scafaria, sortie dans l'ignorance la plus totale cet été. Un film d'anticipation qui lorgne d'ailleurs plus vers la comédie romantique, traversé de micro-gags hilarants dépeignant une civilisation consciente de son imminente disparition. Une réussite aussi improbable que son casting ( qui miserait sur un couple Steve Carell / Keira Knightley ?! )

 

 

Plutôt en rire :


Passons sur les déceptions Françaises que sont Le prénom, Radiostars, ou les Kaira ( malgré quelques bons gags, ces comédies ont été surévalués par la critique ) pour s'intéresser à Adieu Berthe, réalisé par Bruno Podalydès, qui, quelque part entre Anderson et Tati, déploie un sens certain de l'absurde et du décalage qui dynamise volontiers le paysage de la comédie Française par sa douce poésie burlesque. De poésie, il n'est point question dans Ted, de Seth Mac Farlane, condensé geek et régressif largement délectable tant il semble ne pas avoir de limites, poussant sa veine subversive de manière assez inédite dans le genre.

Les frères Farelly, avec Les trois corniauds, changent d'approche en adoptant une forme de comique plutôt désuette, empruntant autant à Chaplin qu'à Tex Avery. Le résultat, bien qu'ayant un tempo d'enfer, reste tout de même mitigé, et pourra en agacer certains. Il fallait tout de même oser. 

Two days in New York, de Julie Delpy, qui filme ici une nouvelle fois sa famille dysfonctionnelle en se jouant des clichés nationaux et ethniques dans un joyeux foutoir.

Enfin, Le grand soir, du duo Belge Delépine / Kervern, reste un film fantaisiste et amusant sous fond de crise économique, tout en étant largement inoffensif ( la révolte annoncée par le titre et donc attendue, n'aura jamais lieu )

 

Côté Français :


38 témoins, de Lucas Belvaux, avec son approche clinique d'un fait divers ayant initialement eu lieu aux Etats-Unis ( tansposé, ici, au Hâvre ) aborde l'indifférence et la lâcheté d'une société contemporaine de plus en plus individualiste. La scène, magnifique, de reconstitution ( une définition même de cinéma en soi ) est d'une remarquable intensité.

Wrong ( voir critique ) qui confirme la singularité du réalisateur de Rubber, Quentin Dupieux, film que ses détracteurs n'apprécieront surement pas.

Le costumé Les Adieux à la reine, de Benoît Jacquot, propose une révolution de chambre, laissant les événements historiques de 1789 hors-champ pour mieux s'intéresser au dérèglement d'un microcosme par le biais de l'intime. Porté par un casting séduisant et convaincant, le film, en s'affranchissant de toute pesanteur didactique, réussit son pari.

Un monde sans femmes, de Guillaume Brac, moyen métrage abouti et convaincant, révèle en Vincent Macaigne un acteur prometteur, dont l'impeccable prestation n'est pas innocente à la douce mélancolie qui habite le film.

( En cours de rédaction ) :

The We and the I de Michel Gondry, malgré un dispositif ingénieux et une indéniable énergie, finit par s'essoufler sur la longueur, l'absence totale de scénario y étant pour beaucoup.

 

 ( En cours de rédaction ) :

 

Un amour de jeunesse, Après mai ( voir critique ), Augustine

 

Côté Belge :

 

Bullhead, de Michael J Roskam, est une première oeuvre coup de poing, un adroit mélange entre drame rural intimiste et thriller mafieux. Un film d'une redoutable efficacité qui révélait alors Matthias Schoenaerts.

 

Hasta la vista, A perdre la raison

 

 

Top 3 Documentaires :


Into The Abyss, de Werner Herzog

La grotte des rêves perdus, de Werner Herzog ( la 3D y est largement justifiée )

Journal de France, de Raymond Depardon

 

 

*Liste non exhaustive en cours de rédaction n'incluant pas, pour l'instant, les films suivants :

Bilbo, 4h44, In another country, La Chasse,  Augustine,  Rengaine, Tabou, L'odyssée de Pi, Starbuck, les 5 légendes, Camille redouble, Jane Eyre, The Impossible...

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