Appréhender l’univers de Quentin Tarantino par le biais de la recherche systématique de références est une entreprise vaine et réductrice qui tend à édulcorer la substance profonde de son oeuvre au profit d’un vernis citationnel et ludique mais souvent stérile, surtout lorsqu’il s’agit de lister mécaniquement les clins d’œil sans jamais s’intéresser à la nature de leur évocation.

Elle permet toutefois la découverte d’une cinéphilie dite de « seconde zone », souvent dédaignée par la critique en son temps et que Tarantino entend réhabiliter en l'intégrant à ses créations.

Le présent article, en compilant les clins d’œil, anecdotes et références présentes dans Django Unchained, servira de base à un futur dossier mettant en lumière la manière dont les références peuvent s’intégrer dans l’œuvre du réalisateur bien au-delà de leur simple nature citationnelle.


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Références cinématographiques :

 

Liste non exhausitive de films ayant abordé le contexte esclavagiste dans une veine assez similaire à celle de Django Unchained :

 

Mandingo – Richard Fleischer ( 1975 ) ; L’esclave libre – Raoul Walsh ( 1956 ) ; Boss Nigger  - Jack Arnold ( 1975 )

Le shérif est en prison - Mel Brooks ( 1974 ) ; Goodbye Uncle Tom - Gualtiero Jacopetti ( 1971 ) ;

Legend of Nigger Charley - Martin Goldman ( 1972 ) ; Buck et son complice - Sydney Poitier ( 1972 ) ;

Charley le borgne - Don Chaffey ( 1973 ) ; L'enfer des Mandingos ( Drum ) - Steve Carver ( 1976 ) ; 

Skin Game - Paul Bogart ( 1971 ) ; Thomasine and Bushrod - Gordon Parks Jr ( 1974 )

 

 

Liste de Westerns ayant pu influencer Quentin Tarantino, en particulier pour Django Unchained :

 

Le Grand Duel - Giancarlo Santi ( 1972 ) ; Le dernier jour de la colère - Tonino Valerii ( 1968 ) ; 

La mort était au rendez-vous - Giulio Petroni ( 1968 ) ; Un colt pour trois salopards - Burt Kennedy ( 1971 ) ;

Le shérif est en prison - Mel Brooks ( 1974 ) ; Le Grand Silence - Sergio Corbucci ( 1968 ) ;

Django - Sergio Corbucci ( 1966 )

 

 

 

 

 

Les personnages :

 

Django ( Jamie Foxx ) :


Fait référence au film Django, réalisé en 1966 par sergio Corbucci et dont le patronyme inspirera une bonne trentaine de films ( de nationalités, réalisateurs et acteurs différents ). Il s’agit par ailleurs d’un film culte dans l’univers du western spaghetti, se différenciant du lot par une violence radicale et inédite à l’époque.

Franck Nero, l’acteur principal du Django de Sergio Corbucci fait un Caméo dans le film.

Sa veste verte et son chapeau a clous font référence au personnage de Little Joe, joué par Michael Landon dans la série Bonanza. Une série prenant se déroulant durant la guerre de Sécession.

 

 

Broomhilda ( Kerry Washington ) :


Broomhilda von Shaft, son nom complet, est une référence au film Shaft ( les nuits rouges de Harlem ) réalisé par Gordon Parks en 1971. Samuel Jackson joue dans le remake réalisé en 2000.

Tarantino a par ailleurs indiqué que ses personnages étaient des arrière arrière arrière grands parents de ceux évoluant dans Shaft.

Broomhilda fait référence à Brunehilde, personnage appartenant à la mythologie Germanique, mis en musique par Richard Wagner dans le cycle de quatre opéras « L’anneau du Nibelung »

Broom-hilda est aussi un personnage de comics Américain de Russell Myers

C’est aussi un jeu de mot, Broom signifiant « balai » : Hilda du balai, renvoie le personnage mythologique de la légende Allemande à son simple statut d’esclave.

Elle est campée par Kerry Washington qui a déjà joué au côté de Jamie Foxx dans « Ray »

 

 

Dr King Schultz ( Christoph Waltz ) :

 

Le nom peut être une référence au film Tueur malgré lui, un western de Burt Kennedy ( 1971 ), dans lequel le personnage joué par Dub Taylor porte le même nom.

Il renvoie aussi au faux nom sous lequel est enterré Uma Thurman dans Kill Bill 2 : Paula Schultz, qui fait référence au film les rêves érotiques de Paul Schultz, un film de George Marshall.

Sa profession de dentiste peut renvoyer au film Paleface, dans lequel Bob Hope joue le rôle d’un dentiste traversant l’ouest pour faire fortune, empêchant d’ailleurs une bande de hors la loi de vendre des armes aux Indiens.

Son pistolet masqué dans sa manche peut renvoyer à celui de Travis Bickle dans Taxi Driver, film que Tarantino adore.

 

 

         Les Musiques :


Les morceaux The Braying mule et Sister saras theme proviennent de la Bande originale du film Sierra Torride ( Don Siegel – 1970 ), composée par Ennio Morricone

 

 Le titre Un Monumento, toujours d’Ennio Morricone, fait partie de la bande originale du film Les Cruels, un film de Sergio Corbucci ( 1967 ) avec Joseph Cotten.

 

Django et La corsa font partie de la bande originale du Django de Corbucci, composée par Luis Bacalov.

 

I Giorni Dell’ira, composée par Riz Ortolani pour le film Le dernier jour de la colère ( Tonino Valerii, en 1967 ) a déjà été utilisé pour le film Kill Bill.

 

Nicaragua, de Jerry Goldsmith, est tiré du film Under fire.


Lo Chiamavano King, est extrait de la BO du film éponyme ( His name was king, Giancardo Romatelli,, 1971 ), musique composé par Luis Bacalov, un film avec Klaus Kinski.

 

Trinity, est extrait du film On l’appelle Trinita ( réalisé par Enzo Barboni en 1970 ) et composée par Annibale E I Cantori Moderni.


I got a name, de Jim Croce, est dans The Last American Hero, un film de Lamont Johnson ( 1973 ).


The Payback, de James Brown, fut initialement composé pour un film de Blaxploitation nommé Hell up in Harlem,mais ne fut pas gardée, n’étant pas jugé assez « funk » pour le film. Elle est ici remixée par 2pac.

 

 

  Divers :

 

·           Un des saloon du film se nomme « Minnesota Clay », titre anglais d’un Western de Sergio Corbucci ( Le justicier du  Minesota ).

 

       Michael Parks , fidèle abonné au rôle de shérif dans Une nuit en enfer, le diptyque Kill Bill, Boulevard de la mort,  Planète terreur, joue ici un employé de LeQuint.

 

       Le final de Django Unchained serait une « référence inconsciente » à Scarface, selon Tarantino.

 

       Tom Savini, illustre maquilleur du cinéma d’horreur ( Le mort-vivant, Zombie, Maniac…)  et acteur / réalisateur  apparait dans le film, dans un petit rôle. Tout comme Quentin Tarantino.

 

       Don Johnson, qui campe Big Daddy, jouait dans Miami Vice, la série. Jamie Foxx joue quant à lui dans son  adaptation cinématographique réalisée par Michael Mann.

 

       La fille arborant un foulard rouge masquant la moitié inférieure de son visage est jouée par Zoe Bell, cascadeuse et actrice jouant notamment son propre rôle dans Boulevard de la mort. ( c'est aussi la doublure de Mélanie Laurent et Diane Kruger dans Inglorious Basterds ainsi que celle de Uma thurman dans Kill Bill, entre autre )

 

       On peut apercevoir une affiche "Wanted" mentionnant le nom de Porter. Edwin Porter est le réalisateur de The Great train Robbery ( le vol du grand rapide en français ), premier western, muet, de l’histoire du cinéma,    en 1903.

 

       La "scène des cagoules" peut être une référence à Naissance d'une nation, de D.W. Griffith ( 1915 ), ainsi            qu'à Django ( Sergio Corbucci - 1966 ). Elle ressemble fortement à l'univers des Monty Python.

 

       Le mention "Mississipi" s'inscrivant en gros caractères sur l'écran est une référence à Autant en emporte le vent,  réalisé par Victor Fleming en 1939.

 

       Alexandre Dumas est mentionné dans le film, à travers le nom porté par un esclave, D'Artagnan, et par King  Shultz, qui déclare que cet auteur est noir. ( En réalité, il s'avère que Dumas ait effectivement de lointaines  origines Afro-Américaine, ce qui, pour les esclavagistes, ne fait pas forcémment de différence. )

 

      La fleur blanche accrochée à la veste de Calvin Candie invoque celle de Ricciolo ( Jack Palance ), dans le film    Le Mercenaire de Corbucci. Les deux fleurs seront tâchées par le sang d'une manière analogue.

 

       *Liste non exhaustive....

 

 

 

 

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