A la merveille - Terrence Malick ( 2013 )
Quarante ans de carrière et seulement six longs métrages, un refus systématique d'apparaitre en public ( et ce même lorsqu'il reçoit des prix aussi prestigieux que la Palme d'or en 2011 pour Tree of life ) ou de se laisser tenter par le jeu des interviews auront suffi pour entourer le cinéaste d'une aura mystique dont les cinéphiles du monde entier n'en finisse plus de vénérer le culte.
Cependant, depuis Le Nouveau Monde, Malick ne fait plus l'unanimité et trouve même de solides détracteurs, à l'image de la réception très mitigée du pourtant fantastique Tree of Life.
A la merveille était d'autant plus attendu que le cinéaste semblait sortir de son rachitique rythme de croisière pour s'attaquer à de nombreux projets ( le tournage de Knight of Cups, son dernier film, avec Natalie Portman, Christian Bale, Michael Fassbender ou encore Cate Blanchett vient de s'achever ), comme soudainement gagné par un besoin compulsif de filmer. La déception n'en est que plus grande...
En effet, si A la Merveille contient en substance tout ce qui fait le charme du cinéma de Malick, à savoir de magnifiques mouvements de caméra dont seul lui à le secret, une lumière incroyable et un sens du plan inestimable, le film n'est qu'une auto-parodie des thématiques déjà abordées dans ses précédentes oeuvres. Une voix off bavarde et ridiculeusement solennelle qui au lieu de rehausser la pauvreté scénaristique de l'ensemble ne fait que le rendre encore un peu plus condescendant voire même ridicule.
En absence de véritable sujet à filmer, le cinéaste ne semble pas capable de nous livrer autre chose qu'une coquille vide d'un ennui mortel, dont seules quelques fulgurances visuelles, portant la signature gracieuse de leur auteur, sauront vous extirper.