Des Hommes Sans Loi - John Hillcoat
Sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes 2012, le film passa largement inaperçu, la bien-pensante critique Française étant à ce point aveugle pour n'y voir qu'une imposture, une vaine et opportuniste tentative ne méritant pas de fouler le tapis rouge de sa Sainteté Cannoise.
Remettons donc les pendule à l'heure. Oui, le grand banditisme à l'époque de la prohibition (date importante dans l'inconscient collectif Américain ), est une période maintes fois transposée sur nos écrans ( De Wellman aux frères Coen, en passant par Hawks, Walsh ou De Palma, pour ne citer qu'eux ), et Des Hommes Sans Loi, sur le papier, ne semble pas apporter beaucoup plus que tout ce qui nous a été permis de voir dans le genre.
Mais ne nous y trompons pas, le classicisme assumé de l'oeuvre ( qui lui a fortement été reproché ), loin de servir un récit passéiste, propose, en miroir, de fortes résonances actuelles. Le film, en sourdine, évoque le cuisant échec qu'est celui de la prohibition, qui ne fit qu'accroître les inégalités et la violence entre les différentes classes sociales, et faire du crime et de la corruption le quotidien d'alors. Ce constat, Nick Cave et John Hillcoat l'actualisent de la plus subtile des manières : en musique. L'excellente reprise de White Light / White Heat des Velvet par The Bootleggers ( morceau qui parle de l'usage que l'on faisait des amphétamines à l'époque ), suggère donc que ce qui se passait dans les années 1930 à son équivalent aujourd'hui.
Porté par un solide casting ( Mention spéciale à Tom Hardy ) et par une B.O soignée, Des Hommes Sans Loi est un très bon film de gangsters, même si on aurait aimé que les personnages féminins bénéficient d'un traitement plus approfondi, tant les actrices ( Jessica Chastain et Mia Wasikowska ) demeurent sous-exploitées, réduites au simple statut de faire-valoir.