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Kubrick, c'était mieux après ?

Sorti en 1953 dans l'anonymat le plus complet aux Etats-Unis, puis renié par son réalisateur qui taxera l'oeuvre d"effort prétentieux et inepte" ( la légende veut qu'il chercha à détruire le négatif ), Fear and Desire restera donc invisible jusqu'à sa récente sortie simultanée en salle et dans les bacs. Financé en grande partie par sa famille et mis en boîte par une équipe réduite, cet effort de jeunesse est un pur produit "Indé", avant l'heure.

Difficile de reconnaître le style du maître dans ce premier film ( trop ) ambitieux mais inégal, sorte d'hybridation improbable entre Malick ( Le côté "fable philosophique" et la voix off ) et Stanley Kramer, bien que certains motifs ou thématiques chers à l'auteur soient déjà présents.

Gros plans, goût de l'abstraction, sens du cadre et éclairage soigné ( à ce titre, Fear and Desire est plus un film de photographe que de cinéaste ), stylisation de la violence et surtout étude pessimiste mais lucide de l'homme seront, entre autre, le ciment de l'oeuvre à venir du cinéaste.

Avec ses raccords approximatifs, sa philosophie un brin pataude et sa légère tendance à l'emphase, Fear and Desire ne peut guère prétendre au statut de film qui compte, mais bien des premières oeuvres ont été plus honteuses et moins ambitieuses. Pour le perfectionniste qu'était Kubrick, sans doute que l'idée même de l'existence de ces tares était insupportable, mais pour bâtir une oeuvre aussi originale, puissante et visionnaire que la sienne, il a bien fallu, au moins un peu, bégayer son talent.

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