Mama - Andres Muschietti
A l'origine, Mama est un court-métrage, dont la très courte durée n'a d'égal que la maîtrise technique : Un plan séquence ingénieux mettant en scène deux enfants aux prises avec un spectre au design terrifiant, par ailleurs repris intégralement dans le long-métrage. Il n'en fallait pas plus pour taper dans l'oeil du Mexicain Guillermo del Toro, dont l'amour pour le fantastique n'est plus à prouver.
Cependant, transformer une saynète flippante mais dénuée d'histoire en un long-métrage de cinéma présente bien des difficultés, surtout lorsqu'on il s'agit d'une première fois. Et autant le dire tout de suite, le film y laisse quelques plumes au passage : Personnages et situations parfois stéréotypés et autres passages obligés sont autant d'écueils du genre qu'Andres Muschietti ne parvient pas à éviter. Sur le papier, il s'agit d'ailleurs d'une énième variation sur les affres d'une entité ne pouvant trouver le repos dont le plus récent représentant est La Dame en Noir, de James Watkins.
Mais le coeur du film est ailleurs. Comme dans bon nombre de productions Hispaniques, le quotidien se retrouve savamment contaminé par le fantastique, exacerbant dès lors la teneur tragique des événements. Car au fond, Mama, en abordant les enjeux émotionnels d'un foyer recomposé dysfonctionnel, la peur de devenir mère, ou l'impossibilité d'un deuil, a tout, à l'image du dénouement, du mélodrame.
Si le film est imparfait, il témoigne d'un amour sincère pour le genre et peut se targuer d'être amplement maîtrisé techniquement parlant ( Certaines scènes sont diablement inventives en plus d'être efficaces ). Monsieur Del Toro a décidément du flair...
Pour ceux qui veulent, voici le lien vers le court-métrage homonyme :
Grand Prix, Prix du public et du Jury de la jeunesse au dernier Festival de Gerardmer 2013