Flight - Robert Zemeckis
Après avoir passé les dix dernières années à tester les derniers gadgets technologiques cinématographiques, faisant de lui le pionnier ( visionnaire mais malheureux ) des techniques de demain ( la motion capture lui doit beaucoup ) avec Le Pôle Express, la légende de Beowulf ou encore le drôle de Noel de Scrooge, voilà que Zemeckis revient au film live avec Flight, 13 ans après Seul au monde.
Dès la première scène, voyant un homme et une femme nus émergeant de ce qu'il semble avoir été une rude nuit, elle se promenant dans son plus simple appareil et lui s'envoyant un rail de coque, Zemeckis affiche des ambitions assez inédite dans son oeuvre ou il s'agit de montrer, et ce dès la scène d'introduction, ce qui a priori a toujours été absent de sa filmographie : le rapport au sexe ( ses héros sont d'ailleurs très souvent asexués ) et à l'addiction ( seul La mort vous va si bien en a esquissé un portrait corrosif, sur le ton de la comédie ).
Une scène qui suffit, en peu de temps, à brosser le portrait du héros, Whip Whitaker ( campé par un Denzel Washington dévoué à son rôle ), pilote émérite en proie à des démons intérieurs, qui parviendra à sauver pratiquement tout l'équipage d'un crash pourtant annoncé dans une magistrale séquence qui nous rappelle combien Zemeckis est un metteur en scène doué.
Pour le reste, il s'agira surtout de savoir si Whitaker sortira gagnant d'une enquête prouvant que malgré son exceptionnel atterrissage, le pilote était sous l'emprise de drogues et d'alcool, Zemeckis se contenant d'une trame classique, sans réelles surprises mais ponctuée d'agréables pointes d'humour noir ( directement liée à l'addiction du héros ).
Si Flight n'est pas le meilleurs film de son auteur, il était important que Zemeckis retrouve un attrait pour le film live après que dix ans de boursuflures technologiques en guise de disette artistique l'ait radicalement mis à l'écart. Un film sûrement charnière ( on l'espère ) dans l'oeuvre de Zemeckis, en forme d'honorable divertissement.