Straw Dogs - Rod Lurie
Ah...Hollywood et sa propension aux remakes, préquels et autres reboots...les motivations, souvent pécuniaires et caractéristiques de l'anémie artistique sévissant à Hollywood depuis un certain temps, ne justifient pourtant pas la mise en chantier de ce Straw Dogs, remake du grand ( et controversé ) film de Peckinpah qui fut boudé à sa sortie en 1971, et qui atterrit directement au rayon DTV chez nous.
Si le film n'est pas mauvais, il n'en reste pas moins inutile. L'argument justifiant le remake, qui veut que l'intrigue soit transposée et adaptée à notre époque, est d'une affligeante naiveté tant c'est un produit formaté qui perd toute l'ambiguïté présente dans le film de Peckinpah. Pire, en schématisant jusqu'à l'archétype les enjeux de son postulat de départ, Rod Lurie verse dans une opposition manichéenne des plus stériles : Un couple oeuvrant dans le domaine de l'art, elle actrice, lui scénariste ( gagnant donc bien leur vie ) face à des bouseux campagnards versant dans une beauferie confondante ( forcément )....l'éternelle rengaine de la lutte des classes, ou de l'instruit face au rustre, que Peckinpah avait savament sabordé ( Dustin Hoffman y campait un frêle professeur de mathématiques ) pour mieux s'intéresser aux réactions de l'homme face à l'adversité et aux idéologies de défense territoriale, sujets délicats que Peckinpah abordait avec la frontalité et le jusqu'au-boutisme qu'on lui connaissait. Des qualités qui, en ces temps de disette artistique, nous manquent cruellement.