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Plus de 5 ans après sa frénétique fresque explorant une période fondatrice des États-Unis à travers l'intimité de ses deux protagonistes aux ambitions démesurées ( There Will Be Blood ), Paul Thomas Anderson nous revient avec The Master, librement inspiré de la vie de Ron Hubbard, fondateur de la scientologie. Une oeuvre qui n'a pourtant rien d'un biopic ou du film à charge imaginé

 

Le film, par son récit troué et revêche, sa rythmique particulière, et ses personnages insaisissables, déroute clairement. Il faut dire que contrairement à There Will Be Blood, dont le film partage le même goût pour les personnages antipathiques, leurs ambitions, ici, y sont trop floues pour pouvoir créer un véritable point d'encrage pourtant nécessaire à tout investissement émotionnel de la part du spectateur.

Il n'en reste pas moins que le film puisse, par moment, être hypnotisant, tant il est porté par des comédiens remarquables d'intensité ( Joaquin Phoenix, tout en imprévisible folie animale aux antipodes d'un Philip Seymour Hoffman à l'intellectualisme raffiné et séducteur ) et une splendide photographie. Le film a en effet quasiment été intégralement tourné en 70mm, sous l'oeil avisé du réalisateur et de son chef opérateur, le talentueux Mihai Malaimare, déjà à l'oeuvre dans les derniers films de Coppola.

 

L'ambiguïté des rapports entre les deux personnages ( le maître n'est jamais vraiment celui que l'on croit être ) a quelque chose de frustrant de par sa nature évanescente, bien qu'elle soit le moteur de très belles scènes ( Freddie disparaissant, au loin, sur sa moto sous les yeux de Lancaster Dodd ). Des rapports fascinés et fascinants qui brossent le portrait d'une Amérique percluse de vétérans de guerre inadaptés au retour à la vie civile dans une époque largement propice au sectarisme et aux nouveaux gourous aux idéologies douteuses. 

 

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